
Alexandre Lacharme : de 4 000 € à 100 places de parking à Paris
Quel a été ton tout premier achat de place de parking et pourquoi avoir choisi celui-là ?
Mon premier achat remonte à 2013, dans le 18e arrondissement, rue Ordennaire — une petite place à 4 000 € qui ne pouvait accueillir qu'une moto. J'étais commercial à l'époque. J'avais trié les annonces du moins cher au plus cher sur SeLoger, je suis tombé sur ce parking, je l'ai visité le soir même et acheté dans la foulée. Je l'ai loué 45 €/mois à un motard.
Pourquoi celui-là ? Parce qu'il était peu cher et que je ne voulais pas prendre trop de risques financiers pour commencer.
Qu'est-ce qui t'a convaincu que le parking pouvait devenir un levier d'indépendance financière ?
Ça génère un revenu sans rien faire. C'est décorréler ton temps de travail de tes revenus — c'est magique pour tout entrepreneur. C'est exactement le modèle de l'abonnement : comme un opérateur téléphonique qui vend ses forfaits. Quelqu'un te donne 45 € par mois sans que tu travailles avec lui. Ça, c'est fascinant.
Quels critères analyses-tu aujourd'hui avant d'acheter une nouvelle place ?
En priorité, je regarde les charges de copropriété — idéalement moins de 20 €/mois, 25 € maximum. Les syndics parisiens facturent environ 15 % plus cher qu'en région. Ensuite, le quartier : j'ai beaucoup acheté dans le 11e (rue de Charonne, rue Abloh…), des zones où se garer est difficile.
Je préfère les places ouvertes, sans box ni monte-voiture (ça tombe en panne), et les petites copropriétés avec des syndics à taille humaine. Une astuce que j'utilise : je tape le nom du syndic sur Google pour lire les avis.
💡 Son conseil syndic : les gros syndics (foncières, grands réseaux) sont compliqués à joindre et envoient encore tout en courrier papier. Un changement de syndic peut même passer inaperçu si vous n'avez pas mis à jour votre adresse — avec, à la clé, des majorations de charges impayées.
Quel rendement vises-tu actuellement ? Est-ce toujours aussi attractif qu'en 2013 ?
Je vise un rendement net de charges supérieur à 5-6 %, et brut entre 8 et 10 %. Certaines places atteignent 20 % — notamment en parking moto, avec des places achetées à très bon prix grâce à ma formation commerciale. Exemple : ma première place à 4 000 €, louée 45 €/mois. En y mettant deux motos, ça fait 90 €/mois pour 4 000 € investi — remboursé en 5 ans.
Quels sont les principaux risques et comment les limiter ?
Trois risques majeurs : ne pas regarder le montant des charges, mal évaluer la demande du quartier, et ne pas anticiper le profil de son locataire. Il faut adapter ses prix au contexte économique du quartier : 70 €/mois rue de Sèvres (6e), c'est faisable ; dans un quartier plus fragile, il faut baisser ses prétentions.
Je ne fais que du mensuel avec un mois de préavis — plus flexible, plus humain.
Comment as-tu financé tes premières acquisitions ?
La première, en fonds propres. Ensuite, dès que j'ai eu un emploi stable, les banques m'ont fait confiance sans difficulté. L'essentiel était d'avoir appris à gérer mon argent entre-temps. Aujourd'hui j'achète moins — parce que j'ai envie de profiter de ma fille.
Tu gères des centaines de places — et tu constates de la vacance locative. Comment tu l'expliques ?
J'ai tellement parlé de cette niche dans les médias et vendu 6 000 exemplaires de mon livre que j'ai créé ma propre concurrence. Sur le Bon Coin, il faut republier son annonce tous les jours pour rester visible, et il y a maintenant des centaines d'investisseurs qui font la même chose. La vacance coûte : 20-25 €/mois de charges + environ 150 €/an de taxe foncière. Il ne faut pas laisser traîner.
Le parking est-il un actif défensif, durable dans le temps ?
C'est difficile à dire tant le contexte politique est instable. Mais on aura toujours besoin de stationner — voiture, deux-roues, vélo cargo, fourgon. Il y a d'ailleurs une énorme quantité de places vacantes à Paris : je pense qu'au moins 50 % des sous-sols sont inoccupés. Des propriétaires âgés qui n'ont plus de voiture et ne savent pas comment louer leur place — c'est un marché entier à aller chercher.
Si tu devais tout recommencer en 2026, que ferais-tu différemment ?
Je continuerais avec des petits achats abordables et je m'adapterais encore mieux aux besoins actuels. Concrètement, j'irais davantage contacter des propriétaires âgés qui ont des places vacantes et qui ont besoin d'un complément de retraite — et je les mettrais en relation avec des gens qui cherchent à se garer. Du win-win pur.
Seriez-vous prêt à proposer certaines de vos places en location courte durée via CasaPark ?
Oui, volontiers — à condition de ne pas avoir à m'en occuper moi-même. Si CasaPark peut gérer l'exploitation à ma place, comme une sous-location déléguée, ça m'intéresse vraiment. Surtout si ça génère plus qu'une location longue durée — ce qui semble évident à 20-30 €/jour à Paris. Sept jours suffiraient à toucher 200 €.
Sur la question de l'accès autonome, Alexandre évoque des solutions concrètes : déposer son badge chez un partenaire Keynest (réseau d'épiceries et commerçants de proximité) ou utiliser une boîte à clés. Il est aussi favorable au développement d'ouvertures automatiques depuis le portable. « L'avenir est dans la flexibilité. On va sortir du modèle mensuel à l'ancienne. »

